Pour bien choisir son voilier de location il faut que cela soit un voilier adapté au programme de navigation. Vous devez donc avant toute chose définir votre programme de navigation.

Un voilier ancien en bois
Bouchain vif des années 1970
© fonkygeko
Un programme de navigation, c'est d'abord une zone de navigation, avec son climat et son type de mer.

Sous un climat maussade, humide, vous passez très peu de temps à l'extérieur, vous n'avez pas besoin d'un grand cockpit mais, en revanche, il faut un cockpit qui soit un bon abri. Il faut donc un bimini ou une capote qui, de plus, permettront de garder le panneau de descente ouvert pour favoriser l'aération même quand il pleut. Dans une mer clapoteuse, il faut un bateau qui passe bien et avec de la puissance. Ce sera un critère de choix pour la Méditerranée ou la Manche, moins pour l'Atlantique.

Le programme de navigation, c'est surtout ce que l'on veut faire avec le bateau, naviguer en couple ou avec des amis, ou en famille, faire de la pêche, de la planche à voile, de la plongée, ou la sieste, ou prendre son plaisir en remontant au près ! Il y a celui qui a un programme de sorties à la journée avec, de temps en temps, une traversée d'une nuit. Puis il y a également celui qui veut voyager pendant plusieurs jours de suite. Ce n'est pas du tout le même programme.

Quel type de voilier choisir ?

  • Un voilier de technicité simple.

    Pour un couple qui aime la voile pure, qui apprécie un bord au près en finesse, mais sans chercher l'exploit, il ne fait pas de régate et n'hésite pas à rentrer au port s'il y a trop de vent. Il pratique la croisière côtière avec, de temps en temps, une traversée, une ou deux nuits en mer.

    Quel voilier a-t-il choisi ? À deux, pas de problème d'espace vital, aussi le choix s'est porté sur un voilier fin, assez lesté, rapide, une coque pour faire du près, qui passe très bien dans le clapot avec peu de poids aux extrémités.

    Le problème aura été de bien choisir le niveau de technicité du gréement, car rien n'est plus frustrant que de ne pas pouvoir mener au mieux son voilier parce qu'il est trop technique. Il faut, bien sûr, s'affranchir des bastaques, trop techniques, mais puisque l'on veut un voilier qui marche bien, garder un peu de fractionné, cela permet une voile plus puissante et donne des possibilités de réglages supplémentaires sans être trop techniques. La possibilité de cintrage du mât est un bon critère de technicité et il se voit tout de suite quand on essaie un bateau.

  • Un voilier polyvalent

    Pour un couple qui aime découvrir chaque année des horizons nouveaux, qui ira une année en Grèce, l'année suivante en Tunisie ou à Gibraltar, à moins que ce ne soit en Irlande, au Portugal ou même plus loin.
    Il a choisi un bateau sans problème. Un bateau plutôt sous-voilé, l'enrouleur de génois et les winches souffriront moins. Un bon moteur parce que, dès que le vent sera faible, on le mettra en route, il tournera longtemps, et il ne faut pas être obligé de le pousser pour avancer correctement. Il passera plusieurs nuits de suite en mer... Il devra être indépendant, le tirant d'eau ne doit pas l'empêcher de se mettre à l'abri dans un endroit où il y a peu de fond, de remonter une rivière.

    Il faudra trouver le bon compromis entre la raideur à la toile pour passer dans le clapot et un faible tirant d'eau qui permette d'aller partout. Mais la marche au près n'est plus le critère important, de toute façon, il y aura du poids à bord, et le près ne sera jamais bon, il vaut mieux un bateau polyvalent. Donc pas de gréement fractionné, mais un gréement simple, fiable, qui permet d'aller loin (un mât que l'on cintre, fatigue beaucoup plus qu'un mât poteau qui ne prend que de la compression), un plan antidérive plutôt en longueur, pas trop profond, le bateau sera stable sur sa route, il marchera bien sous pilote et les criques lui seront ouvertes.

  • Le dériveur lesté

    Pour la  bande de copains qui loue un voilier pour une semaine en Bretagne.
    Le confort n'est pas l'essentiel, mais ils sont nombreux, actifs, et il faut de la place. Comme le budget est serré, ils ne peuvent louer un grand voilier ; la place, ils la trouveront dans la largeur et non dans la longueur de la coque, donc stabilité de forme. Le voilier sera peut-être lent dans le petit temps, cela n'a pas d'importance : on met le moteur et on fait un poker ! Mais, dès qu'il y a de l'air, qu'il est « fun » aux allures débridées et sous spi !
    Au près serré, il faut le maintenir à plat sur l'eau pour qu'il marche bien, ce n'est pas évident mais, après quelques tâtonnements, ils y arrivent, et puis il y a du monde pour se mettre à la contre-gîte ! Attention au tirant d'eau s'ils veulent passer une nuit sur un bras de l'Odet ou rejoindre le Sound de Chausey parla passe nord ; alors un dériveur lesté ou même un intégral s'il y en a un à louer.

  • Un voilier transportable

    Vous ne souhaitez pas faire des traversées ni vous inscrire pour une minitransat, mais vous voulez aller de port en port, de crique en crique, naviguer où bon vous semble et quand vous le désirez. De plus, vous voulez garder votre voilier sous la main l'hiver pour pouvoir le bichonner, ne pas être inquiet quand souffle la tempête, ne pas payer une place à l'année... Dans ce cas, choisissez un dériveur transportable. Un voilier de 5,50 mètres à 7,50 mètres, d'une largeur maximale de 2,50 mètres, tractable par une voiture moyenne et tous les plans d'eau sont à votre portée !

    Si vous êtes équipé en troisième catégorie, vous pouvez remonter toutes les côtes françaises, sauf la côte des Landes. À trois, bien entraînés, sur un bateau de 6,50 mètres et avec de bonnes voiles, une journée dans la brise ne vous fait pas peur, même au près. Vous sortez quand bien d'autres restent au port ! Dans le petit temps, vous marchez aussi bien que les gros, le bateau est léger et, dès force 2, il atteint sa vitesse. Pour la facilité de transport et jusqu'à 7,50 mètres, le moteur hors-bord est intéressant : efficace même dans le clapot s'il a un arbre long, très manoeuvrant dans les ports, car on peut orienter l'hélice, facile à retirer et à entretenir, et économique à l'achat... Sa fiabilité n'est quand même pas celle d'un diesel et surtout il y ale risque d'incendie... Mais le diesel est lourd et l'intérêt du petit voilier c'est sa légèreté.

  • Un voilier ancien

    Vous êtes jeune, pas trop regardant sur le confort, votre plaisir est de naviguer, alors pourquoi pas un ancien voilier à bouchains vifs ? C'est certain, avec un cockpit à angles vifs, une hauteur sous barrots limitée, etc., le confort laisse à désirer. Comment rester assis sur ces banquettes à angle droit avec un liston qui vous rentre dons les vertèbres ? Mois imaginez-vous une nuit en mer, bien calé dons la couchette cercueil, ou traçant votre route sur une vraie table à cartes...

    S'il n'est pas confortable au port, le voilier à bouchain vif des années 1970 est peut-être le mieux adapté à la vie en mer.
    Et puis, il ne marche pas mal du tout ! À longueur égale, il est moins haut sur l'eau qu'un voilier actuel, donc moins de fardage, il est plus fin, il n'est pas plus lourd, car il a moins de cloisons, de batteries, la nourrice à eau est moins importante..., et la rigidité de structure du contreplaqué, renforcée parle bouchain vif, est un autre facteur qui fait que ces bateaux en contreplaqué marchent bien, surtout au près : on peut tirer dessus, la coque ne se déforme pas et, à l'intérieur, on ne voit pas les aménagements prendre du jeu.

    Avec des voiles de qualité, on arrive trés bien à le faire marcher.

    Pas étonnant que, dans les débuts de la minitransat, le Muscadet, un bateau de 6,50 mètres ait été le bateau de série le plus prisé.
    Finalement, ces bateaux anciens concilient très bien, peut-être même mieux que ceux d'aujourd'hui, la vie en mer et les performances.
    Ils nécessitent plus d'entretien qu'un bateau en plastique, mais la facilité de bricoler à bord compense en partie : ajouter un équipement ne pose pas de problème à un bricoleur moyen alors que, sur un bateau en plastique, il ne sait pas trop dans quoi il perce, sur quoi il va tomber, sur du vide ou sur un câble électrique... Pour quelqu'un qui cherche l'économie, il y a économie à l'achat, plus une certaine forme d'économie d'entretien.

    Et puis, avec un vieux bateau, vous aurez le sentiment d'être différent, de ne pas avoir été coulé dans le même moule. Dans les ports, le contact se fait facilement avec des gens plus âgés qui ont connu ces bateaux, qui sont passés ensuite à des plus gros, plus modernes. On vient vous voir : « Ah ! ça, c'était un bon bateau ! Et qu'est-ce que vous avez comme projet, vous faites le tour de la Méditerranée ? » Tout le monde en est persuadé...

    Cependant, tous les bateaux construits durant les années 1970 ne sont pas forcément des bons bateaux. Il y a eu des bateaux révolutionnaires pour l'époque, et c'est ceux-là qui ont encore aujourd'hui des performances plus qu'honnêtes, qui sont intéressants. Mais certains chantiers de l'époque suivaient des plans existant depuis vingt ans et construisaient des bateaux peu vivants, extrêmement lourds à manoeuvrer. Il y a aussi eu des architectes qui ont fait des erreurs. Les bateaux qui marchent ont leur réputation bien établie, ils ont toujours la cote, ils la garderont : c'est l'un de ceux-là qu'il faut prendre.